Photo prise le 30 août 2009, par l'auteur du blog.
Un des plus anciens monuments historiques de Mérignac avec la vieille église du 12è siècle.
Située au sud du quartier des Eyquems, l'acte de fondation de sa construction (conservé à Londres) date du 26 août 1290. Edouard Ier autorise alors Arnaud de Blanquefort à "entourer de murs ou palissades à volonté son manoir de Vitrinis". La tour de Veyrines est classée monument historique en 1862. C'était la tour-porte d'accés au château médiéval dont elle est l'unique vestige. D'une hauteur de 20 mètres, d'une base quadrangulaire irrégulière d'environ 10 mètres de côté, elle comprenait 4 niveaux dont le premier constituait le couloir d'entrée. Ce passage fut transformé en oratoire après obstruction des deux portes ogivales d'accés à la cour du château probablement au XIVe siècle.
A la fin du 14è siècle, le couloir de l'entrée du château est muré aux deux extrémités et transformé en oratoire : le passage vouté est devenu chapelle décorée. Les peintures murales qui décorent les parois et la voûte forment diverses scènes hagiographiques et d'épisodes de la vie du Christ dont le thème principal est la crucifixion (5 scènes) et chaque scène se développe dans un cadre limité, soit par des listels, soit par l'architecture de la salle. Il existe une symétrie dans l'agencement des scènes et des peintures de paysage décoratif. Janine Fabre a étudié les enduits peints de cet oratoire lors de sa thèse à l'Université de Bordeaux III en 1990.
Les latrines en encorbellement surplombent la muraille sud de l'édifice.
Voici ce qu'il reste de l'Ancien château fort du 13è siècle, bâti à l'origine au bord du ruisseau des Ontines qui alimentait en eau ses douves.
Elle a échappé à la destruction car elle représentait un jalon pour les cartographes au milieu du 18è siècle.
La seigneurie avait souvent changé de maîtres. Au XIeme siècle la proche banlieue ouest de Bordeaux avait trois familles seigneuriales marquantes : les Mérignac, les Pessac et les chevaliers de Veyrines.
Le chapitre de Saint-Seurin avait des possessions à Veyrines au XIIeme siècle. En 1126 Bernard de Veyrines, chanoine de Bazas, est témoin de l'autorisation donnée par Geoffroy, évêque de Bazas à l'abbé se la Sauve-Majeure de bâtir l'église Notre-Dame de Langon. En 1195, cette seigneurie est possédée par Amanieu de
Vitrinis (Veyrines), chevalier, qui avait pour fils Garsion et Boson, chevaliers comme lui. Arnaud de Veyrines est abbé de Sainte-Croix de 1182 à 1209 et frère de deux chanoines de Saint-Seurin. Les Veyrines étaient aussi possessionnés dans la ville de Bordeaux. En 1225, Contor de Veyrines, fille de Bertrand seigneur de Veyrines, était l'épouse de Pierre de Bordeaux le Jeune. Elle dut épouser, en secondes noces, Ayquem-Guillaume, seigneur de Lesparre, puisque en 1262, une Brayde dame de Veyrines, était fille d'une Comtor et d'Ayquem-Guillaume, et veuve de Bertrand de Blanquefort. En 1274, Brayde fit hommage de Veyrines et de Cadenet au roi d'Angleterre. Au commencement du XIVe siècle, la terre appartient à la famille de Goth. Bernard de Goth, l’un des frères du pape Clément, André de Budos, Bertrand de Montferrand et Gaillard de Durfort, y commandèrent tour-à-tour. Pendant le XVeme siècle elle était revenue aux Montferrand. En 1455, l'abbé de Sainte-Croix afferme les dîmes et les agrières de Bruges au capitaine de Veyrines. Enfin en 1526 la baronnie de Veyrines est achetée par les jurats de Bordeaux, à Gabrielle d'Ally (ou d'Ailly) dame de Veyrines, et épouse de François de Boucqueaux. Les jurats de Bordeaux en exercice se disaient donc "gouverneurs de Bordeaux, comtes d'Ornon, barons de Veyrines, etc... ". A la révolution elle fut vendue comme bien national. MM. Lannefranque et Ducasse Eymery se partageaient au milieu du XIXeme siècle les terres qui environnent la tour de Veyrines.
Les propriétaires actuels sont Mr et Mme Bertrand de Malet.
BIBLIOGRAPHIE :
* LA GUYENNE MILITAIRE – Léo Drouyn - Bordeaux-Paris 1865 - Réédition Laffitte Reprints 1977 (Tome second pages 313 à 318).
* LES CHATEAUX DE LA GIRONDE – Henry Ribadieu – Bordeaux 1856 - Réédition La Découvrance 1996.
* AQUITAINE HISTORIQUE - N° 31 de Novembre /Décembre 1997 (pages 2 à 4).
Je lis beaucoup d'articles concernant la Tour de Veyrines qui, par erreur, disent qu'elle est au bord du Peugue. En fait, c'est le ruisseau "les ONTINES" qui alimentait autrefois les fossés. Le Peugue est un autre ruisseau plus à l'ouest qui sépare Mérignac de Pessac (passant sous le Moulin de Noès)Il est aussi utile de rappeler que si cette Tour a survêcu à la destruction de l'ensemble de la forteresse c'est parcequ'elle était inscrite en tant que jalons sur les Cartes des frères Cassini (cartographes de Louis XIV)cette tour est la propriété de l'indivision La RaitrieEnfant, mon père me racontait déjà son origine anglaise. 40 ans plus tard, elle est toujours là, comme seule et abandonnée. Une vieille dame que plus personne ne regarde. Pourtant un beau bijou, un des rares bâtiments anciens de Mérignac. Je m'étonne toujours en l'apercevant, que rien ne soit entrepris pour la restaurer. Je trouve cela déplorable...Mais que faire. Car qui s'en intéresse réellement?Mr Boutet+JM
Les cartes de Cassini ont été réalisées sous la direction de César-François Cassini de Thury (1714-1784) puis de son fils Jean-Dominique Cassini (1748-1845).
Louis XIV est mort en 1715 !
Ils étaient les descendants de Jean-Dominique Cassini, mort en 1712, et que Colbert avait fait venir en France afin de participer à la construction de l'Observatoire de Paris. Il arriva dans la capitale au mois d'août 1669. Le Roi (Louis XIV) le reçut "comme un homme rare,et comme un homme qui quittait sa patrie pour lui", d'après Fontenelle. Il devint français en 1673.
C'est lui le grand astronome que Louis XIV nomma à la direction de l'Observatoire de Paris qu'il venait de fonder.
La Tour de Veyrines a bien échappée à la destruction grâce, si on peut dire, à l'élaboration de la "Carte de Cassini".
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En réponse à SANSIQUET :Cette tour et la prairie qui l'entoure est une propriété privée.
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