Le château de l’Herm à Rouffignac / Saint-Cernin-de-Reilhac (Dordogne).
Construit à la fin du quinzième et au tout début du seizième siècles, le château sera abandonné suite à de nombreux crimes, onze au total.
La première mention actuellement connue du site de l’Herm apparaît dans les textes en 1309. L’ensemble est ceinturé de fossés profonds emplis d’eau entourant une plate forme sur laquelle était bâti le château. On pénétrait dans l’enceinte par un châtelet abritant le pont-levis qui se rabattait sur le pont en pierre encore en place. Au XVème siècle, de nouvelles familles se partagent le pouvoir et en 1479, Jean de Calvimont, conseiller du roi Louis XII, réunit l’ensemble du domaine. Son fils Jean est Président du Parlement de Bordeaux, ambassadeur auprès du roi François Ier : ce sont eux les constructeurs du château entre 1500 et 1530. Au XVIIème siècle, une nouvelle période s’ouvre par l’assassinat de Marguerite de Calvimont en 1605, qui marque le déclin de la seigneurie. En 1655, après 11 crimes ayant rapport avec l’héritage de l’Herm, on ne sait plus à qui appartient le château. Le 16 juin 1679 a lieu l’adjudication de l’Herm et de sa seigneurie à la cour du Parlement de Paris. C’est Marie de Hautefort, amante platonique de Louis XIII, qui rachète l’ensemble. Elle place un régisseur à la tête du domaine et n’habitant pas le château, celui-ci est peu à peu pillé. En décembre 1714, un inventaire des lieux précise que l’Herm est abandonné, la toiture effondrée et la terre démembrée. Les Hautefort vendront le domaine en 1830. En 1899, le château de l’Herm connaît une nouvelle heure de gloire : Eugène Le Roy s’inspire de cette ruine romantique pour son roman « Jacquou le Croquant » qui retrace un épisode des révoltes des « croquants » en Périgord.
En 1988 un couple d’horticulteurs drômois, Marie et Dominique Palué, achète les ruines. Depuis ils n’ont cessé de nettoyer, mettre hors d’eau et aménager ce beau vestige romantique. Aujourd’hui ce site revit grâce aux travaux de protection entrepris, aux recherches historiques et archéologiques et aux concerts qui animent le lieu l’été. On peut y voir un magnifique escalier de pierre monovis torsadé se terminant en partie haute par un beau « palmier », escalier unique par sa conception et sa réalisation, et de belles cheminées « suspendues » de style gothique flamboyant. Le couple, épaulé par ses enfants, a édifié des passerelles afin que le visiteur puisse admirer de plus près les cheminées. Les fouilles entreprises ont permis d’exhumer une chapelle et un four à pain antérieurs à la date de construction du château. Dominique Palué doit se lancer, cet automne, dans un autre chantier : celui de la couverture définitive de l’édifice, en verre cette fois, pour remplacer l’actuelle, provisoire, en polycarbonate. Le château et le site sont très romantiques.
J’y ai fait une visite le 14 août dernier, la photo est de moi, et je vous recommande d’y aller. C’est ouvert tous les jours de 10 à 19 heures jusqu’au 11 novembre. Prix de l’entrée : 5,50 €.