Publié le 15/09/2009 à 23:11 par titelive
NOTRE-DAME
Le sanctuaire de Notre-Dame d’Arcachon a été fondé par un franciscain, le frère Thomas Illyricus.
Ce bon religieux était né en Illyrie, sur les bords de l’Adriatique, d’où son nom d’Illyricus.
Il vint en France où il fit, de 1516 à 1522, des tournées apostoliques, prêchant avec une ardeur enflammée et une éloquence entraînante. Afin de se reposer de ses travaux et des épreuves qui l’avaient accablé, le Bienheureux se retire pendant plusieurs années, dans la solitude de la forêt de La Teste.Un jour qu’il était au bord de la mer, il vit deux vaisseaux désemparés au milieu d’une furieuse tempête et prêts à sombrer dans les brisants. Le pieux solitaire se jeta alors à genoux, traça sur le sable le signe de la croix et invoqua Dieu pour tous ces infortunés marins. Sa prière fut exaucée, la mer se calma et les deux navires purent regagner le large. Ils étaient sauvés !
Le serviteur de Dieu était encore sur le rivage, bénissant le ciel de la grâce obtenue, quand il aperçut une statue de la Sainte Vierge que les flots venaient de déposer à ses pieds. Frère Thomas la reçut comme un présent du ciel et éleva une modeste chapelle en bois, dans laquelle il la plaça avec respect et amour. C’était la statue de la Vierge que l’on vénère aujourd’hui.
Telle est l’histoire de l’origine du sanctuaire de Notre-Dame d’Arcachon, berceau de la future cité d’Arcachon, dont le centenaire de l’érection en commune a été fêté en 1957, et qui justifie bien ainsi sa devise : « Heri Solitudo, hodie Civitas » (Hier Solitude, aujourd’hui Cité).
Le 16 janvier 1624, la chapelle de Thomas Illyricus fut renversée par la tempête. Une deuxième fut ensevelie sous le sable en 1721. Enfin une troisième fut élevée en 1722. C’est la chapelle actuelle, dite « Chapelle des marins », vers laquelle affluèrent de toute part les pèlerinages et autour de laquelle d’éleva la ville d’Arcachon.
Pendant la Révolution, la chapelle de Notre-Dame d’Arcachon ne fut pas aliénée, on ne toucha pas à la Statue Miraculeuse. Même au cours de la Terreur en 1793, on y célébra l’Annonciation, la grande fête annuelle de la paroisse, sous la protection de la Garde Nationale de La Teste.
Tout contre l’antique chapelle, la jolie église moderne de style gothique (1856 – 1861) fut agrandie en 1884. C’est un temple de 45 mètres de long, à trois nefs, complété par un élégant et remarquable clocher haut de 45 mètres. Enfin, face à la baie, près de la jetée, se dresse une croix monumentale, autrefois saluée au passage par les marins qui allaient en mer.
Parmi les avantages insignes dont l’Eglise a enrichi ce sanctuaire marial, Sa Sainteté le pape Pie IX a bien voulu, par un Bref du 15 juillet 1870, octroyer la gloire du couronnement à la Vierge Miraculeuse de Notre-Dame d’Arcachon, gloire réservée uniquement aux pèlerinages les plus fréquentés et les plus en renom. C'est son Eminence le cardinal Ferdinand-François-Auguste Donnet, archevêque de Bordeaux, qui procéda, le 16 juillet 1873, assisté de son coadjuteur Monseigneur de Bouillerie ainsi que de plusieurs archevêques et évêques, au couronnement solennel de la Madone. Les prélats avaient été accueillis à la gare par le maire Jean Mauriac et le conseil municipal. La fresque du sanctuaire commémore cette cérémonie.
Le 9 mars 1953, Sa Sainteté le pape Pie XII a daigné élever au rang de basilique mineure l’église Notre-Dame, qui est ainsi devenue la 89e basilique mineure de France et la 4e de l’archidiocèse de Bordeaux. L’érection solennelle eut lieu le 15 août 1953 par son Eminence le cardinal Paul Richaud, archevêque de Bordeaux et primat d’Aquitaine, assisté de son excellence Monseigneur Courbet, évêque auxiliaire de Paris.
Restaurée en 1973 par les soins de la municipalité et des Beaux Arts, la chapelle des marins a fêté le centenaire du couronnement de Notre-Dame le 22 juillet 1973.
Incendiée le mercredi 8 janvier 1986, la statue fut préservée des flammes et, gtâce à la diligence des Monuments Historiques, des Bâtiments de France ainsi que de la Mairie, la chapelle a été merveilleusement reconstruite et inaugurée le 25 mars 1987, jour de la fête patronale, par Monseigneur Marius Maziers, archevêque de Bordeaux.
BIBLIOGRAPHIE :
* NOTRE-DAME D’ARCACHON –
André Rebsomen – collection « LES TROIS CROISSANTS » - Editions Delmas Bordeaux 1937.
Publié le 03/09/2009 à 05:31 par titelive
Le château de Thouars à Talence (Gironde).
Photographie : vue du château de Thouars illuminé.
THOUARS :
Selon une tradition rapportée par des historiens de la fin du 18è et du 19è siècle (Baurein et Guillon principalement), le château de Thouars ou castellum Toarcis était le lieu où les rois d’Angleterre allaient prendre le plaisir de la chasse du temps où la Guyenne appartenait aux Plantagenêts. Un château a pu être édifié à proximité de la bastide de Baâ qui ne connut qu’une brève existence aux XIIIeme et XIVeme siècles. En raison de la pauvreté des indices archéologiques ou historiques pour l’époque médiévale, l’histoire du château de Thouars, tel que nous le voyons de nos jours, ne commence que vers le milieu du XVIeme siècle, étroitement associée alors à la famille d’Agès.
Cette famille connut les vicissitudes que traversèrent maintes familles bordelaises à l’issue de la Guerre de Cent ans. Bertrand d’Agès, seigneur de Saint-Magne, commandait l’armée qui s’opposa aux troupes françaises au cours de la « male jornade ». Pris par les Français, il resta quelque temps leur prisonnier après la paix du 12 juin 1451. Libéré, il participa à nouveau à la résistance bordelaise et fut pris les armes à la main à Castillon le 17 juillet 1453. Il mourut peu de temps après, en captivité à La Rochelle. Ses biens et terres furent confisqués et remis à Jean Bureau, trésorier de France. Celui-ci les céda à Louis XI qui, en 1462, les restitua à la famille d’Agès. Après un long procès de 32 ans contre la famille d’Albret, les d’Agès purent entrer à nouveau en possession de leurs biens.
A partir de 1502, la famille va connaître une rapide ascension en la personne de Pierre II. Panetier ordinaire du roi en 1501, il est admis à la Cour puis assume, à partir de 1525, des ambassades importantes. Il reçoit à Bordeaux la reine Eléonore d’Autriche, épouse de François Ier, et ses fils. Il est sous-maire à Bordeaux à plusieurs reprises. En 1544, des documents conservés aux Archives départementales de la Gironde révèlent qu’il fit entreprendre l’édification de divers bâtiments sur ses terres de Thouars. Il confie les travaux à deux maçons Guillon de Brey et Jacques Ardoyn moyennant 9 dols tournois par brasse de muraille, une pipe de froment, une barrique de vin, un pourceau, des fagots et du bois, le logis et un demi-boisseau de fèves. Le chantier occupa alors 12 ouvriers. En 1557, René d’Agès succède à Pierre II. Toujours en grande faveur à la Cour, il reçoit entre le 3 et le 9 avril 1565, Charles IX et le futur Henri IV. Mais René d’Agès est inquiété un certain temps en raison de l’aide qu’il apporta aux Protestants. Toutefois ses relations étouffèrent rapidement cette disgrâce. Au XVIIeme siècle, l’histoire de la maison noble de Thouars est complexe. En 1623, elle est cédée par « adjudication judiciellement faicte aux Requestes du Pallais du Parlement à Bordeaux » à dame Anne d’Olive. Cet acte marqua le début d’interminables procès. Thouars resta aux héritiers de François d’Agès qui continuèrent à se disputer le domaine. En 1629 « les sieurs d’Ages avaient fait une assemblée dans la maison de Thouars de 25 à 30 gentilhommes et de 50 à 60 soldats armés de pistolets, arquebuses et mousquets… ». En 1637, un acte décida que le domaine restait indivis. Puis on recommença à plaider pendant près de 50 ans. En 1684, Eleonor d’Ages gagna ce long procès et rendit hommage pour la baronnie de Thouars.
En 1692, la seigneurie fut acquise par Jacques Demons « conseiller du roi en la Cour de Parlement de Bordeaux et commissaire aux requêtes du Palais ». Il meurt en 1720 « dans sa maison, sur les fossés du Chapeau Rouge ».
Pendant une cinquantaine d’années, les documents font défaut. C’est cependant au cours de cette période que l’on peut situer d’une part des projets d’aménagement du parc : création de boulingrin dont les dessins sont conservés aux Archives municipales de Bordeaux et décoration d’une fontaine par une statue de Vénus debout sur une coquille et d’autre part, l’édification de la façade nord, plaquée sur une courtine beaucoup plus ancienne.
En 1771, messire Michel-Joseph de Gourgues, président au Parlement de Bordeaux achète Thouars par contrat. Le domaine est acquis dans les années suivantes par le président Lalanne qui meurt en 1774. Son exécuteur testamentaire est le chevalier Le Comte, captal de La Tresne. M. Ferrus décrit la cérémonie d’hommage que le captal rendit aux jurats bordelais, le 12 juillet 1777. « Il reconnaît tenir Thouars et ses dépendances, s’étendant sur les paroisses de Talence, Gradignan et Villenave dans les juridictions et comté d’Ornon, sous la redevance d’un épervier volant d’hommage tous les 29 ans. N’ayant pu se procurer l’épervier, il prie les seigneurs d’accepter, au lieu et place de l’oiseau, une paire de gants brodés. »
Après la mort du marquis de La Tresne en 1782, son héritier « chevalier de Malthe » conserve quelques années le château puis il le cède à M. de Galatheau. Celui-ci le vend en 1788 pour 50 000 livres tournois à M. Tarteiron, membre d’une famille protestante, originaire du Languedoc, qui avait bâti au XVIIIeme siècle une grande fortune dans l’armement. Cette vente entre une famille de parlementaires et une famille de négociants illustre bien l’appropriation des grands domaines par le négoce avant la Révolution.
Le début de la Révolution fut marqué par un événement typique de cette période : les paysans envahirent le château, s’y livrèrent au pillage et firent un autodafé du lit où Charles IX avait couché. En 1795 est prtcée à travers le bois de Thouars la première route joignant Talence à Villenave-d’Ornon. En 1822, Jean Tarteiron est inhumé dans sa propriété de Thouars. En 1835, Mme Tarteiron fit relever les tours du château. Celui-ci devint ensuite la propriété des Balguerie qui firent appel à l’architecte Charles Durand. Les travaux de restauration en firent un château « mi-gothique, mi-moderne, ce qui constitue un amalgame bizarre » (Aurélien de Sarrau). Puis la marquise du Vivier et Th. d’Ornellas furent les propriétaires suivants. En 1957, la ville de Talence se porte acquéreur du domaine de 70 hectares et du château pour la somme de 70 millions d’anciens francs. En 1958, elle accorde trois hectares et demi au Comité du logement des Anciens Combattants et Victimes de Guerre qui y édifie 87 maisons abritant 350 personnes. Talence compta ainsi un nouveau quartier : celui de Thouars.
Publié le 31/08/2009 à 18:32 par titelive
Photo prise le 30 août 2009.
Un des plus anciens monuments historiques de Mérignac avec la vieille église du 12è siècle.
Située au sud du quartier des Eyquems, l'acte de fondation de sa construction (conservé à Londres) date du 26 août 1290. Edouard Ier autorise alors Arnaud de Blanquefort à "entourer de murs ou palissades à volonté son manoir de Vitrinis". La tour de Veyrines, haute de 20 mètres, est classée monument historique en 1862. C'était la porte d'accés au château médiéval dont elle est l'unique vestige.
Voici ce qu'il reste de l'Ancien château fort du 13è siècle, bâti à l'origine au bord du ruisseau des Ontines.
Elle a échappé à la destruction car elle représentait un jalon pour les cartographes au milieu de 18è siècle.
A la fin du 14è siècle, le couloir de l'entrée du château est muré aux deux extrémités et transformé en oratoire : le passage vouté est devenue chapelle, décorée de scènes hagiographiques et d'épisodes de la vie de Jésus.
Les latrines en encorbellement surplombent la muraille sud de l'édifice.
Elle avait souvent changé de maîtres. Au XIeme siècle la proche banlieue ouest de Bordeaux avait trois familles seigneuriales marquantes : les Mérignac, les Pessac et les chevaliers de Veyrines.
Le chapitre de Saint-Seurin avait des possessions à Veyrines au XIIeme siècle. Arnaud de Veyrines est abbé de Sainte-Croix de 1182 à 1209 et frère de deux chanoines de Saint-Seurin. Les Veyrines étaient aussi possessionnés dans la ville de Bordeaux. Bernard de Goth, l’un des frères du pape Clément, André de Budos, Bertrand de Montferrand et Gaillard de Durfort, y avaient commandé tour-à-tour. Pendant le XVeme siècle elle était revenue aux Montferrand. En 1455, l'abbé de Sainte-Croix afferme les dîmes et les agrières de Bruges au capitaine de Veyrines. Enfin en 1526 la baronnie de Veyrines est achetée par les jurats de Bordeaux. Les jurats de Bordeaux en exercice se disaient donc "gouverneurs de Bordeaux, comtes d'Ornon, barons de Veyrines, etc... ". A la révolution elle fut vendue comme bien national. MM. Lannefranque et Ducasse Eymery se partageaient au milieu du XIXeme siècle les terres qui environnent la tour de Veyrines.
Les propriétaires actuels sont Mr et Mme Bertrand de Malet.
BIBLIOGRAPHIE :
* LES CHATEAUX DE LA GIRONDE – Henry Ribadieu – Bordeaux 1856 - Réédition La Découvrance 1996.
Publié le 15/08/2009 à 15:05 par titelive
Abbaye de La Sauve-Majeure (Gironde).
Photographie : vue de l'abbaye depuis l'entrée "maurisque" ou mauriste.
La Sauve-Majeure :
Quand Gérard de Corbie arrive en Entre-deux-Mers, dans la « Grande Forêt », le 29 octobre 1079, c’est déjà un homme âgé qui a une forte expérience de la vie bénédictine. En arrivant à La Sauve, Gérard est accompagné, selon les vœux du duc d’Aquitaine Guillaume VIII, du prévôt de Bordeaux, Raoul. Celui-ci est chargé par son prince d’indiquer le chemin et de mettre Gérard et ses compagnons en possession de ce lieu isolé et boisé dont le duc est le suzerain. Le lieu désigné par le duc d’Aquitaine s’appelait autrefois Autvillars ; il était dépendant pour moitié en propriété su seigneur Auger de Rions. Les autres propriétaires du fonds étaient Ermengarde de Guîtres, Olivier de La Tour et ses deux frères et quelques autres seigneurs de moindre importance. Gérard n’eut aucune difficulté à les convaincre de se dessaisir de leur bien pour en faire don à l’abbaye. Comme c’était le jour de la fête de saint Simon et de saint Jude, le monastère sera dédié à ces deux apôtres. La clairière était envahie par les ronces et, au milieu de grands arbres, une petite chapelle bâtie en terre dédiée à sainte Marie. Gérard était bien au cœur de cette Sylva Major, le lieu de solitude dont il rêvait depuis qu’il avait quitté l’abbaye de Saint-Vincent de Laon. Le 11 mai 1080, Gérard et ses compagnons posent la première pierre de l’église abbatiale. Elle est dédiée à sainte Marie, à saint Simon et à saint Jude. Le 9 octobre 1080, le concile de Bordeaux, en présence de Joscelin, archevêque de Bordeaux, de Guillaume, évêque d’Auch, et de tous les évêques et abbés de la province, confirma la fondation de la nouvelle abbaye. Le duc d’Aquitaine vint à cette occasion avec ses principaux vassaux qui l’accompagnaient au concile ; parmi eux se trouvaient les seigneurs de Benauge, de Rions, de Gabarret, de Montremblant et d’Escoussans. La Sauve-Majeure rayonna rapidement sur l’Entre-deux-Mers, l’Aquitaine, puis la France et l’Espagne.
Les moines entreprirent, au début du XIIe siècle, la reconstruction de la modeste église de saint Gérard. Une nouvelle façade à décor d’arcatures, connue par une gravure ancienne, avait été implantée à l’ouest, tandis qu’un chevet bénédictin était entrepris à l’est ; la jonction des deux parties s’opéra dans la zone du transept dans le courant du XIIe siècle. L’admirable série de sculptures qui décorent les corbeilles des chapiteaux du chœur assoit largement la renommée de La Sauve auprès des amateurs de sculpture romane. L’église fut pourvue, sur la nef, de voûtes gothiques, comme le clocher, le réfectoire et le cloître dont ne subsistent plus que quelques clefs de voûtes. L’abbaye dominait au XIIIe siècle un bourg qui n’avait pas encore à subir la concurrence de la bastide de Créon, fondée en 1316. A peine pansées les plaies de la guerre de Cent Ans, le monastère fut mis en taille réglée par des abbés aux noms prestigieux et aux appétits insatiables. Les guerres de Religion durent porter un coup fatal à l’abbaye qui était dans un état d’abandon presque total lorsqu’en 1660, les religieux de la congrégation de Saint Maur la restaurèrent. Confisquée comme bien national, devenue prison, puis carrière de pierres après 1809, l’abbaye fut sauvée de la ruine totale par Mgr Donnet qui y installa un collège. La Troisième République souhaita voir les « hussards noirs » succéder aux frères et le monastère devint école normale. Pour les futurs maîtres d’école on construisit un austère bâtiment aux lignes classiques, que ravagea un violent incendie le 9 décembre 1910 : il en subsiste le vestibule actuel. Acquis par le conseil général de la Gironde, classé Monument Historique en 1928, restauré après 1948, le monument est, depuis lors, l’objet d’une restauration et d’une remise en valeur progressives.
Le musée lapidaire est inauguré en 1970 et cette manifestation signale l’ouverture définitive de l’abbaye au public.
Une visite privée, sous la conduite et les explications de Jean-François Duclot, m’a permis d’approfondir l’architecture et l’histoire de ce lieu le 28 avril 2001.
Tarifs (2009)
Plein tarif (adultes) : 7,00 €
Tarif réduit : 4,50 €
Tarif groupes (à partir de 20 adultes) : 5,50 €
Gratuit pour les moins de 18 ans
Gratuit pour les moins de 26 ans ressortissants de l'un des 27 pays membres de l'Union européenne et résidents réguliers sur le territoire français
Gratuit pour les titulaires du pass éducation du ministère de l'Education nationale
Gratuit pour les personnes handicapées et leur accompagnateur, et les demandeurs d'emploi.
BIBLIOGRAPHIE :
*VIE DE SAINT GERARD DE CORBIE – Ecrite au XIIe siècle par un moine anonyme de l’abbaye de La Sauve-Majeure, traduite du latin par Elisabeth Traissac. – CLEM-AHB 1995 -
* L’ENTRE-DEUX-MERS ET SON IDENTITE, ACTES DU CINQUIEME COLLOQUE TENU A LA SAUVE-MAJEURE EN SEPTEMBRE 1995 –CLEM 1996 –
* LES ENTRETIENS DE LA SAUVE-MAJEURE PREMIERE LIVRAISON – CLEM-AHB, 2000.
* UNE PROMENADE HISTORIQUE DANS L’ABBAYE DE LA SAUVE-MAJEURE OU LES GRANDES HEURES DE L’ABBAYE – Jean-François Duclot – CLEM-AHB, 2001
* LES ENTRETIENS DE LA SAUVE-MAJEURE DEUXIEME LIVRAISON – CLEM-AHB, 2006.
* HISTOIRE DE L’ABBAYE DE LA SAUVE-MAJEURE ENTRE-DEUX-MERS 1683 – par frère Etienne Dulaura moine bordelais de la congrégation bénédictine de Saint-Maur – transcription réalisée par Jean-François Duclot, Jean-François Larché, Jean-Claude Tillier – Les Editions de l’Entre-deux-Mers, sans date (2003).
*GRAND CARTULAIRE DE LA SAUVE MAJEURE – Charles Higounet et Arlette Higounet-Nadal – Fédération historique du Sud-Ouest – Bordeaux 1996.
Publié le 26/07/2009 à 06:08 par titelive
Photo : arrivée au château de Beynac.
La Vallée de la Dordogne dans le Périgord noir, département de la Dordogne.
C’est à l’aspect sombre de ses forêts de chênes que cette partie du Périgord doit son qualificatif de noir. Autour de cette vallée aux majestueuses falaises, se trouvent concentrés une grande partie des sites qui font la réputation du Périgord. Ici plus qu’ailleurs les vieilles pierres ont gardé toute leur authenticité et leur puissance d’évocation. Ici mieux qu’ailleurs les plus belles réalisations du Moyen Age et de la Renaissance ont traversé les siècles.
A l’écart de la vallée, Sarlat se présente comme un joyau médiéval. Si Sarlat est unique, c’est qu’elle a su préserver son visage de cité ancienne où se côtoient demeures médiévales et hôtels Renaissance. C’est donc toute la vieille ville qu’il faut prendre le temps de parcourir. On y admirera, en particulier, la maison de La Boétie, juste en face de la cathédrale, de style mi-gothique mi-Renaissance et où vécut Etienne de La Boétie, ami de Montaigne. Mais il faut également voir la lanterne des morts, l’hôtel Plamon, l’hôtel de Vienne, le Présidial et tant d’autres bâtiments dont le marché couvert, dû à l’architecte Jean Nouvel, ancienne église, possédant une immense porte métallique à double battant.
En descendant vers la vallée de la Dordogne, on tombe au pied de la bastide de Domme. Surplombant la rivière et une falaise à pic, elle est nichée là depuis 1281, année où le roi de France la fit construire pour défendre son domaine contre les prétentions du roi d’Angleterre. A découvrir : la porte des Tours, les graffitis des templiers et, bien sûr, le panorama sur la Dordogne. On en profitera pour visiter les grottes dans la falaise sous la ville avec remontée en ascenseur « panoramique ». On peut voir aussi à Domme la maison d’Eugène Le Roy, l’auteur de Jacquou le Croquant.
Un autre panorama exceptionnel sur la vallée est celui qu’offre une promenade des jardins suspendus de Marqueyssac. A moins qu’on lui préfère une promenade en gabarre au départ du village de La Roque-Gageac, village aux maisons traditionnelles blotties contre la falaise et qui fait partie du club très fermé des plus beaux villages de France.
Encore quelques kilomètres et l’on découvre un site unique en France : de part et d’autre de la rivière, deux majestueux châteaux médiévaux se font face et se défient, pleins de souvenirs de la guerre de Cent Ans. Rive droite, le château de Beynac, l’une des quatre baronnies du Périgord, dominant un à-pic de 70 mètres, dresse fièrement son donjon carré daté du XIIe siècle. Rive gauche, le château de Castelnaud, reconstruit au XVe siècle, abrite un passionnant musée de la guerre au Moyen Age. La commune accueille un autre château, d’âme beaucoup moins guerrière, celui des Milandes, de style Renaissance mais restauré au XIXe siècle et surtout connu pour avoir appartenu à Joséphine Baker.
En retrait de la vallée, le village de Belvès, bâti sur un éperon rocheux est riche de plusieurs maisons gothiques et Renaissance.
A Trémolat, le belvédère offre une vue imprenable sur le splendide cingle que forme ici la rivière.
Enfin, aux confins du Lot, la forteresse du château de Fénelon mêle caractère offensif et esthétique Renaissance et le manoir d’Eyrignac présente des jardins recomposés dans l’esprit XVIIIe.
Publié le 26/06/2009 à 08:17 par titelive
L’Ordre très noble de la Jarretière. The Most Noble Order of the Garter.
Il s’agit d’un ordre de chevalerie anglais fondé par le roi Edouard III entre 1346 et 1348. Selon la légende, il aurait pour origine l’épisode suivant : le roi, ayant galamment ramassé une jarretière bleue que la comtesse de Salisbury avait laissée tomber en dansant, remarqua des sourires dans l’assistance, à l’adresse de laquelle il s’écria : Honni soit qui mal y pense, et il aurait fondé l’ordre en souvenir de cette aventure.
L’ordre comprenait le roi, qui en était le grand maître, le prince de Galles et douze compagnons, comme pour un tournoi. En 1805, il fut décidé que l’ordre comprendrait le roi et vingt-cinq chevaliers.
(D'après le Dictionnaire encyclopédique d'histoire de Michel Mourre)
L'ordre est composé, outre le souverain chef d'ordre, de vingt-cinq chevaliers, pas un de plus, les chevaliers honoraires ne comptant pas.
La première promotion compte un seul Gascon, Pierre II de Grailly, un Hennuyer et un Cambrésien, tous les autres, vingt-deux, sont des Anglais. Pierre de Grailly vient au quatrième rang, après deux princes du sang Plantagenêt et le comte de Warwick. A sa mort son petit fils Jean III le Captal lui succède en 1356. Trois autres seigneurs de Puy-Paulin eurent la Jarretière (deux Grailly et leur descendant Bernard de Foix-Lavalette, 2eme duc d’Epernon, en 1645). Gaston Ier de Foix (1438/1439), puis son fils Jean IV de Foix-Candale (en 1446). Deux autres gascons furent décorés : Bernard-Arnaud de Preissac (né vers 1322, mort vers 1395), soudan de la Trau, et seigneur de Landiras vers 1380, qui combattit sous le Captal, et Gaillard IV de Durfort (né vers 1419, mort en 1481 ou 1487) en 1463 et dégradé en 1476. Ces Gascons représentent la moitié des titulaires continentaux antérieurs à 1500. La concentration des Grailly-Foix-Candale est remarquable.
Donc les membres « fondateurs » de l’ordre sont :
1-
Edouard de Woodstock, 14eme comte de Chester, 1er duc de Cornouailles, Prince de Galles, Prince d'Aquitaine en 1362, plus connu sous le nom de « Prince Noir ";
2-
Henry II de Grosmont, 7eme comte de Derby, 4eme comte de Lancastre, 10eme comte de Leicester, 11eme comte de Lincoln, 1er duc de Lancastre (6 mars 1351);
3-
Thomas II Beauchamp, 11eme comte de Warwick, shériff héréditaire du Worcestershire, chambellan de l'échiquier, maréchal d'Angleterre, shériff des comtés de Warwick et Leicester,etc...
4-
Pierre II de Grailly, vicomte de Benauges et Castillon, captal de Buch.
Son petit-fils, Jean III le Captal lui succède à la même stalle en 1356/1357.
(D'après Jean-Paul Casse, du CGSO et de la Société archéologique de Bordeaux).
La famille de Grailly compte aujourd'hui encore de nombreux descendants. Le chef actuel de famille est le marquis Jean de Grailly, au Château de Panloy, Port-d'Envaux (Charente-Maritime). Ils descendent de Roger (vers 1340-ap.1403), un des fils de Pierre II et de Aremburge (ou Rosemburge) de Périgord, et d'Anne de Canteloup.
De nos jours l’ordre de la Jarretière reste toujours aussi prestigieux. Les chevaliers et dames de l’ordre sont nommés par la reine, sans consultation du premier ministre.
Il se réunit chaque 23 avril, jour de la Saint-Georges, dans la chapelle Saint-Georges du château de Windsor.
Sa devise est
HONI SOIT QUI MAL Y PENSE.
Publié le 18/05/2009 à 14:36 par titelive
Photographie : la place Abel-Surchamp, où se tient un marché animé le dimanche matin.
Au confluent de l’Isle et de la Dordogne, se développe au IVe siècle le petit port de Condat (ou Condate) – où le poète Ausone possédait une villa – qui, plus tard, fit place au bourg fortifié de Fozera. En 1154, l’Aquitaine est anglaise et, au siècle suivant, le roi Edouard Ier charge Roger de Leyburn d’achever la fondation de Libourne, sous l’autorité de Jean de Grailly. La bastide, édifiée autour de Saint-Jean-de-Fozera, est de type aquitain : les rues longitudinales constituent des axes principaux, les rues traversières qui les coupent en angle droit sont des voies secondaires. Leur recoupement délimite des îlots barlongs ou carrés. L’un d’eux, en réserve, forme une vaste place (Abel-Surchamp), entourée de portiques et bordée de maisons élevées entre le XVIe et le XIXe siècle. Sur cette place, l’hôtel de ville est un monument complexe. Bâti au XVe siècle, il est totalement restauré après un incendie, entre 1911 et 1914 dans un style associant gothique flamboyant et Renaissance, à l’image du bâtiment primitif. L’architecte Henri Rapine intègre le nouvel édifice dans le bâti existant conservant les arcades de la place. Au-dessus, il élève un beffroi (tour de l’Horloge), flanqué de deux corps de bâtiment percés de hautes fenêtres à meneaux surmontées de larmiers. Des pinacles ornent les mansardes et le pignon. A l’intérieur, l’escalier monumental est porté par des colonnes aux chapiteaux feuillagés et repose sur des culots figurés dont les grotesques donnent l’image d’un pittoresque médiéval proche des fantaisies iconographiques de Viollet-le-Duc. Outre quelques vestiges des fortifications médiévales – Porte du Grand-Port (ou du Vieux-Port), Tour Barrée et Tour Richard -, Libourne possède divers édifices religieux comme l’église Saint-Jean, la chapelle Condat et la chapelle du Carmel, espace dédié aux expositions temporaires. Enfin, les casernes élevées au XVIIIe siècle sont un magnifique exemple d’architecture militaire. Belle promenade boisée sur les quais de la Dordogne.
Le maire actuel de la ville est Gilbert Mitterrand, un des fils de l’ancien Président de la République.
Un peu d’histoire : c’est le 23 septembre 1366 qu’est signé le traité de Libourne entre l’ex-roi de Castille Pierre le Cruel, le Prince Noir et le roi de Navarre Charles le Mauvais. Le traité stipule que le Prince Noir et le roi de Navarre doivent apporter une aide militaire et financière à Pierre le cruel pour la reconquête de son trône et recevoir des territoires en contrepartie. Pour garantir sa part du traité, Pierre le Cruel laisse ses trois filles en résidence à Saint-Emilion et remet au Prince Noir un gros rubis qui orne toujours la couronne impériale des rois d’Angleterre.
La ville fut aussi le théâtre de luttes pendant les guerres de Religion. Elle a été également assiégée pendant la Fronde. Sous la révolution, elle devint chef-lieu de district, puis au 19e chef-lieu d’arrondissement et sous-préfecture.
La bibliothèque municipale possède de belles collections dont le « Livre velu », recueil des chartes municipales.
Publié le 14/02/2009 à 12:00 par titelive
Château d’Uza (Landes).
Photographie : un château aux airs toscans.
En 1252, Pierre, vicomte de Tartas, parfois nommé Pierre d’Acqs, était possesseur du château d’Uza, de la justice de Born, Mimizan, montagne et côte de Biscarrosse. En 1358, Edouard III, roi d’Angleterre accorda à Guillaume de Pomiers, seigneur d’Uza, droit de pêche à la baleine de Biscarrosse à Saint-Julien. Uza est un village historique. Tout ce qui s’y est passé se confond au cours des siècles avec l’histoire de la famille Lur-Saluces. Le comté est d’origine inconnue. A la fin du XIVe siècle ce fut une possession des Montferrand, seigneurs de Sanguinet en la vicomté d’Escouasse et marquisat de Landiran. En 1431, François de Montferrand, seigneur d’Uza, signe un traité avec François de Gramont « par lequel le premier s’engage à aider de Gramont dans ses entreprises de guerre ». Isabeau de Montferrrand transfère Uza aux de Lur par son mariage en 1398. Vers le fin du XVIe siècle, Jean de Lur d’Uza, épousa Charlotte de Saluces et les vicomtes d’Uza, en vertu des lettres de patentes de 1589, après l’extinction de la ligne masculine des Saluces, prirent le nom des comtes d’Uza, marquis de Saluces et héritèrent de tous leurs droits.
Importante seigneurie aux frontières du pays de Born et du Marensin, Uza devint propriété de la famille de Lur en 1472. Leurs descendants ne se contentèrent pas d’être des seigneurs terriens mais entretinrent pendant quatre siècles l’activité d’une forge artisanale qui devint entreprise industrielle en 1759.
Il fallut cependant attendre 1874 pour que l’ancienne seigneurie soit reconnue sous la forme d’une commune, grâce à l’action du marquis Romain-Bertrand de Lur-Saluces, dont les descendants firent construire une mairie, mise à la disposition des nouveaux « citoyens », tout comme leur père avait fait édifier pour les paroissiens, en 1867, l’église placée sous le vocable de Saint-Louis. Edifice en pierre de taille – à l’exception des murs latéraux bâtis en moellons recouverts d’enduit -, couvert d’ardoise, elle est l’œuvre de l’architecte bordelais Louis Garros. Au clocher porche succède une nef longue de trois travées, un faux transept et un chœur de plan semi-circulaire qu’encadrent deux chapelles latérales de même plan. A l’intérieur, de fausses voûtes d’ogives en brique et plâtre couvrent les travées de la nef, leurs arcs retombent sur des colonnes à chapiteaux à crochets, les clés sont sculptées et peintes. Tout ici fait référence au XIIIe siècle, considéré comme le style chrétien et national par excellence.
Le Chemin de croix qui la décore a été coulé en métal par les employés de la forge. Le décor peint de l’abside représente des niches abritant des saints. Sur le maître-autel, repose un tabernacle cantonné de deux anges lampodophores et surmontés d’une statuette du Christ dans une mandorle, l’ensemble étant réalisé en métal doré. Les absidioles sont ornées de deux fresques consacrées au Pèlerinage de Notre-Dame de Contis, du peintre Vincent (1890). L’école, la gare et d’autres bâtiments communaux voisinent dans une urbanisation très aérée, à la manière d’un airial. Ils sont au service des habitants, autrefois employés de la forge pour la plupart, dont les logements en rez-de-chaussée, bâtis en brique et pan de bois, sont sagement alignés entre le pôle administratif et religieux du village et son pôle économique, constitué par la forge, qui se développa sous le Second Empire, grâce à l’essor du chemin de fer.
[[SIZE=14]SIZE=14]Le château d’Uza :
En 1929, Bertrand de Lur-Saluces décida de confier la modernisation de l’ancienne forteresse d’Uza à l’architecte dacquois Jean Prunetti. Nonobstant les citations d’ornements contemporains, on serait tenté de penser que Prunetti s’inspira de références italiennes, comme la façade sur jardin de la villa Médicis à Rome ou à des exemples toscans. De plan rectangulaire, la demeure se dresse sur un talus de plan carré dont elle occupe presque toute la surface. L’accès se fait à l’ouest par un pont de pierre dont le tablier repose sur des arcs en plein-cintre. L’édifice, dont la toiture plate est en terrasse, compte trois niveaux et est cantonné par des tours carrées ou cylindriques. Il est inscrit aux Monuments Historiques.[/SIZE][/SIZE][/SIZE]
Après la guerre, Prunetti éleva encore en 1957 le dernier équipement public commandé pour la commune par le marquis de Lur-Saluces, la salle des fêtes. Cette construction, qui comporte des éléments néo-basques, est ornée de quatre bas-reliefs faisant référence au folklore landais, réalisés par le sculpteur Vincent Batbedat. A la même époque, une fabrique d’emballages en matière plastique fut créée pour prendre le relais des forges déclinantes dont la fermeture et la destruction survint en 1981. Seul l’atelier a été conservé en l’état, quoique abandonné : il reste le dernier témoignage de l’activité sidérurgique d’Uza.
Tout doucement, sans bouleverser les mœurs inscrites dans l’histoire de la commune, Alexandre de Lur-Saluces a permis une lente évolution. « La réforme, dit-il, passe mal. Et je fais l’objet de quelques critiques, la caisse de résonance étant le Conseil municipal. » La fonderie, dont les bâtiments exceptionnels s’abîmaient, a été classée à l’inventaire des Monuments historiques, ainsi que le lac et le château. Les travaux de réhabilitation ont débuté. Le village n’a pas bougé, mais il s’inscrit désormais dans le XXIe siècle. Ainsi, les maisons d’habitation sont transformées en gîtes ruraux destinés à accueillir les touristes. Un camping florissant assure des emplois. Le comte a embauché une équipe de jeunes dirigeants, ambitieux. Les terres autour d’Uza seront vouées à l’agriculture biologique.
Publié le 11/02/2009 à 12:00 par titelive
Château de Benauges à Arbis (Gironde).
Photographie : le château, façade sud-ouest.
Commune : Arbis.
Canton : Targon.
Arrondissement : Langon.
Département : Gironde.
Superficie : 874 hectares.
Altitude : 41 mètres.
Population : 243 habitants en 2006, (214 au recensement de 1975).
Le château de Benauges :
Au Moyen-Âge, Benauges est le siège de l’une des plus importantes seigneuries du Bordelais. La place forte fut élevée vers la fin du XIe siècle, ou vers la fin du XIIe. Elle occupe le point culminant de l’Entre-deux-Mers bordelais, à 122 mètres d’altitude, d’où elle dominait une bonne partie de la seigneurie et surveillait d’importants axes de communication de l’Entre-deux-Mers. Le premier château se situait sur une colline dont les pentes avaient été retaillées pour en accentuer le potentiel défensif formant une « motte castrale » de dimension impressionnante. De forme ovale elle ne mesure pas moins de 80 mètres de long pour une cinquantaine de large, et 15 à 20 mètres de haut selon les endroits. Le plus ancien seigneur attesté est Guillaume-Amanieu. On le trouve aux côtés du duc d’Aquitaine lors des différentes confirmations de privilèges de l’abbaye de la Sauve-Majeure, peu après sa fondation, vers 1080-1087, et dans une charte datée de 1089 il est nommé Guillaume Amanieu de Benauges.
Lors de la grande révolte gasconne de 1252-1254 Benauges fut un haut lieu de la résistance dont son seigneur, Bernard II de Bouville, était l’un des meneurs. Assiégé par l’armée royale de plusieurs milliers d’hommes à l’automne 1253, il fallut l’emploi massif de mangonneaux pour en venir à bout, après une quarantaine de jours de résistance. Les 80 boulets de pierre (de 20 à 80 kg) exposés dans les cours du château témoignent de la violence de l’assaut. Le roi-duc Henri III fit donc réparer le château et y plaça une garnison. Une vingtaine d’années plus tard le roi Edouard Ier donna la seigneurie à Jean Ier de Grailly, l’un de ses plus proches lieutenants. Jean de Grailly et ses descendants agrandirent et perfectionnèrent leur forteresse jusqu’au milieu du XIVe siècle. Enfin, le 18 juin 1426 par décision royale, celle d’Henri VI « roi de France et d’Angleterre », la vicomté fut officiellement érigée en comté de Benauges. Un vaste corps de logis moderne fut bâti au XVIIe siècle au détriment de parties médiévales du château. Puis de nombreux réaménagements et le percement de grandes ouvertures au XVIIIe siècle vinrent s’ajouter au corps de logis. La description architecturale du château ainsi que l’histoire de la seigneurie a fait l’objet de plusieurs publications que je cite en fin d’article pour ceux qui veulent approfondir le sujet, de la plus ancienne de Léo Drouyn dans sa « Guyenne militaire » en 1865, à la plus récente de David Souny dans le N° 93 de la revue « Aquitaine historique » en 2008.
Mon but est de vous donner envie de découvrir ce lieu, qui est visitable lors des journées du patrimoine car il est privé et les visites doivent être organisées et autorisées par les propriétaires, Véronique et Philippe Journu, qui le possèdent depuis une trentaine d’années.
Mais, déjà, le site et l’aspect extérieur de la forteresse sont saisissants à voir. En effet les fortifications sont dans un état de conservation assez exceptionnel et témoignent de la grandeur passée de ce château qui fut l’un des plus importants de la Gironde.
Ouvrages consultés :
LA GUYENNE MILITAIRE – Léo Drouyn – Bordeaux-Paris 1865 -
Réédition LAFFITTE Reprints 1977.
AQUITAINE HISTORIQUE N° 93 de juillet-août 2008 – pages 2 à 8 : article de David Souny (castellologie).
AQUITAINE HISTORIQUE N° 85 de mars-avril 2007 – pages 6 à 11 : article de David Souny (les seigneurs de Benauges).
LEO DROUYN EN BENAUGES ET DANS LE CANTON DE TARGON – Léo Drouyn-Les albums de dessins VOLUME 14 – Les Editions de l’Entre-deux-Mers 2008.
BENAUGES ESSAI HISTORIQUE – l’A.S.P.E.C.T. – CRDP d’Aquitaine 1999.
LES SEIGNEURS DE BENAUGES DES ORIGINES A LA REVOLUTION – Abbé Raymond Boulangé – Lyon 1954 - Réédition 1999 (Association Saint-Blaise-Cadillac).
Publié le 09/02/2009 à 12:00 par titelive
Château de Bourdeilles (Dordogne).
Photographie : vue aérienne du château de Bourdeilles.
Le château de Bourdeilles :
Au Moyen-Âge, Bourdeilles est le siège de l’une des quatre baronnies du Périgord. La place forte est alors marquée par des conflits internes entre les membres de la famille des Bourdeilles et par les convoitises des rois de France et d’Angleterre. Au cours du XIIIe siècle, les droits de la châtellenie sont partagés entre deux branches de la famille et se traduisent par la présence de deux châteaux dont il ne reste rien. L’un, part majeure à laquelle est associée le titre de baronnie, avait juridiction sur le haut du bourg qui incluait l’église et le prieuré, l’autre se contentait du bourg inférieur et du pont. En 1280, la part mineure de cette « coseigneurie » revint à Bernard de Maulmont, abbé de Brantôme. Il la donne à son frère Géraud, chanoine de Limoges, conseiller du roi de France Philippe III le Hardi et rival des Bourdeille. A partir de 1283, Géraud de Maulmont fait construire le « château neuf », c’est-à-dire la forteresse médiévale actuelle, à proximité du « château vieil », en ruine du fait des querelles entre les Bourdeille. La châtellenie entre dans le domaine royal de France en 1307. Entre 1360 et 1370, les Anglais reprennent la forteresse. Après un bref retour entre les mains des comtes de Périgord, Bourdeilles est repris par Charles V à la fin du XIVe siècle, grâce à Bertrand du Guesclin. Par le biais d’échanges et de ventes, c’est en 1481 qu’Alain d’Albret, comte de Périgord, vend sa part à François de Bourdeille. Les deux seigneuries sont alors réunies. Son fils, André, frère de Pierre de Bourdeille dit Brantôme, et son épouse Jacquette de Montbron font la renommée du site durant la deuxième moitié du XVIe siècle. Le château baronnial des Bourdeille, ou château Renaissance, est alors construit face au château médiéval. Après de nombreux changements de mains, l’ensemble castral est donné au département en 1962.
Le château comtal ou « château neuf » se compose d’un vaste logis et d’une tour maîtresse de la fin du XIIIe siècle, précédés d’une avant-cour légèrement postérieure. De plan allongé, le logis possède deux niveaux. Le rez-de-chaussée abrite une salle basse, voûtée en plein-cintre en 1587 lors de sa conversion en chais. La grande salle de l’étage et la chambre, privées de leur refend, sont équipées de cheminées murales et de baies à coussièges. Flanquant la grande salle, un oratoire aurait existé au sud. Le donjon octogonal, haut de trente-cinq mètres, est constitué de trois niveaux voûtés sur croisées d’ogives assis sur un cul-de-basse-fosse orné de graffiti. Commandée au nord par une tour-porte, l’avant-cour présente les traces d’un édifice voûté précédant l’accès au logis. Elle offre une série remarquable d’archères.
Le château Renaissance est attribué à Jacquette de Montbron, dame de Bourdeilles et de la Tour-Blanche, épouse du sénéchal André de Bourdeille. Erigé à partir de 1588, le château reste inachevé en 1598, année du décès de Jacquette de Montbron. L’édifice se compose d’un corps de logis rectangulaire à deux étages rythmés par des croisées. L’ensemble est couronné d’un parapet à merlons décoratifs. Le pavillon d’escalier est percé d’une porte en plein-cintre ouvrant sur un couloir voûté qui distribue toutes les pièces. Ce plan est repris aux étages. Au rez-de-chaussée, le couloir sépare la « salle d’armes » et la « chambre à alcôve » au nord, de la chapelle et de la bibliothèque au sud, autrefois deux appartements constitués d’une pièce principale desservant cabinets et latrines. Au premier étage, le salon d’apparat dit « salon doré », somptueusement décoré par Ambroise Lenoble, constitue la pièce maîtresse du château. Au XVIIe siècle, il reçoit un décor peint exceptionnel qui reste un des rares exemples de ce type en France. La décoration peinte de ce salon doré recouvre le plafond à la française, les lambris, les cheminées et les ébrasements des baies.
Le petit-fils d’André de Bourdeille et Jacquette, François-Sicaire, fut le dernier héritier en ligne directe du château. Il mourut à Paris sans alliance le 8 mai 1678. Le frère de François-Sicaire, Claude de Bourdeille, était comte de Montrésor.
Parmi les propriétaires ultérieurs du château de Bourdeilles, après François-Sicaire, il faut mentionner Henri-Léonard-Jean-Baptiste Bertin, ministre des finances de Louis XV.
Un membre du vieux lignage des Bourdeille racheta l’édifice en 1824.
En 1962, Monsieur de Boussu-Walcourt, leur héritier, l’offrit au département de la Dordogne. Deux autres mécènes, Monsieur Robert Santiart (mort en 1968) et Madame Bulteau (décédée en 1972), après avoir réparé diverses parties du château à leurs frais, ont fait don au département d’un prestigieux ensemble, comprenant des pièces de mobilier de haute époque, des tapisseries, des sculptures, des peintures, des armes et des armures. Le château renaissance conserve de belles cheminées.
Le plus ancien Bourdeille attesté est Hélie Ier, le 9 mars 1044.
Le plus célèbre est bien sûr
Pierre de Bourdeille, né à Bourdeilles entre 1534 et 1540, devenu abbé commendataire de Brantôme en 1558, mort le 5 juillet 1614 et enterré dans la chapelle de son château de Richemont, qu’il fit construire de 1563 à 1581. Il reste l’un des plus fameux écrivains du Périgord. Les œuvres de
Brantôme ne furent publiées qu’en 1665 sous le titre de « Mémoires de messire Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantosme, contenant les vies des dames illustres de son temps ». Le sous-titre de « Dames galantes » était ajouté par les éditeurs. Le château de Richemont appartient aujourd’hui à la famille Prévost de Sansac de Traversay.
Hélie Louis Charles Gustave marquis de Bourdeilles fut le dernier du nom à posséder le château. Membre du Conseil héraldique de France, membre de la Société des archives historiques de la Saintonge et de l’Aunis, membre honoraire de l’Académie de Pise, il a effectué des recherches en particulier sur la maison de Bourdeilles publiées en 1892-1893. Il est mort en 1896.
Les armes de la maison de Bourdeilles sont : D’or, à deux pattes de griffon de gueules, onglées d’azur et posées en barre, l’une sur l’autre.
A ma connaissance le lignage est éteint et le nom n’est plus porté. Mais on n’est jamais sûr de rien.
De toute façon Bourdeilles est à visiter, avant ou après l’abbaye de Brantôme toute proche (moins de dix kilomètres).